• Questions/réponses n°1

    Bonjour!
    J'ai décidé de publier de temps en temps un article questions/réponses après les différentes questions qui reviennent en commentaire ou sur les forum.

    Dans ton dernier message tu soulèves à demi-mot le problème du milieu socio-culturel des élèves de prépa. Est-ce que tu ressens de fortes inégalités ? Cela m'inquiète un peu car sans être d'un milieu particulièrement modeste j'ai peur de ne pas me sentir "à ma place" si je me retrouve dans une "grande" prépa comme certains en nourrissent l'ambition pour moi !

    Bah c'est sur que tu verras pas mal de petite têtes blondes plutôt qu'autre chose, et les boursier, si il ne sont pas riches, viennent d'un milieu ouvert (fils de profs en effet, de journalistes, ou de parents simplement cultivés).
    Après, bourgeois ou non, la plupart de ces gens (dans ma classe en tout cas), sont très ouverts, et qui que tu soit, ou d'où que tu viennes, on se tournera vers toi pour connaître ton avis dans une discussion!
    Cependant ma prépa à la réputation de développer un esprit de camaraderie, que d'autres écrasent purement et simplement. Dans les top 3, d'après les gens que je connais qui y sont (oui oui, je me désimplique complètement!), c'est quand même à 75% des petits bourgeois pédant...

    Par contre il y a de très bonnes prépas qui ne sont pas dans le top classement et qui te préparent bien au concours. Je trouve mes profs excellent et mes camarades brillant, et si il y a si peu de personnes prises à l'ENS, c'est aussi bêtement parce que tout le monde ne veux pas y aller. Une bonne partie des HK et KH sont venus parce qu'ils ne savaient pas comment exploiter leur potentiel, et se réorientent après en fac ou dans d'autre école, non pas parce qu'ils se font recaler mais parce qu'ils en ont envie!

    J'ai encore un autre exemple, qui digresse de la question mais qui concerne toujours les rapports sociaux:
    Ma copine étudie dans une prépa dite "moyenne", car, comme je le disais, elle ne vise pas l'ENS mais veux rentabiliser sa capacité de travail. Elle se retrouve dans une classe ou les profs sont tyranniques et poussent à l'abandon pour faire grimper leurs chiffres de réussites aux concours (les chiffres de réussite sont par rapport aux nombre de personnes qui passent le concours, et pas au nombre de personne de la classe en début d'année, logique certes mais il faut l'avoir en tête). Résultat les élèves sont en stress/déprime permanente ce qui n'améliore pas les rapports.

    Pour conclure je dirai qu'on sent des inégalités, mais qu'elles ne sont pas un frein dans les relations sociales: j'ai moi même des amis venant de tout bords désormais.
    Cela paraîtra peut être bateau et consensuel mais, étant dans un schéma d'étude plus élevé qu'au lycée, les inégalités ne cantonnent pas les gens à un profil spécifique. En fait il faut réellement combattre la peur d'être inférieur à des gens qui viennent de lycées ultra côtés:
    Les prépas ont beaucoup de demandes et peu de place, si tu es choisie c'est qu'elles t'imaginent apte à égaler tout tes camarades.

    Je n'ai pas forcément très bien répondu à la question des origines, mais c'est parce que j'ai tiqué sur les mots "Pas à ma place", que je vois et entends bien souvent chez certains de mes camarades fatigués, et que j'ai imaginé l'année dernière.

    une petite question : la matière principale en hypokhâgne, c'est la littérature ou la philo ?

    J'avais déjà répondu en commentaire mais je vais reprendre ici de manière plus visible.
    J'ai 5 heures de français et 5 heures de philos (et si vous êtes curieux j'ai 4h d'anglais, 4h d'espagnol, 4h de géo, 5h d'histoire et 2h de latin).
    J'ai donc envie de dire que mis à part le latin (maudit soit il, démon!) toutes les matières sont importantes. Bien souvent on choisit comme principale celle ou l'on désire de spécialiser en Khâgne (qui passera à 10h de cours par semaine!). Néanmoins à titre personnel, je dirai que le français demande un effort considérable (oui oui, ça se ré-appelle français maintenant), parce que la démarche méthodologique est bien plus poussée qu'avant, alors que les autres matières sont bien plus dans la continuité de ce que l'on étudie au lycée.

  • Retrospective

    Bonjour!
    Je suis un étudiant de classe préparatoire littéraire à Paris, en première année, nous sommes le premier septembre 2012 et nous allons voyager dans le temps!

    Le temps jadis d'il y a deux mois ou tout fraîchement bachelier, je n'ai rien branlé des grandes vacances, anticipant la claque de la classe prépa!
    Intrigués par ma magistrale personne vous vous demandez sûrement "mais quel genre d'homme est-il?", et moi, âme bienveillante, je vous réponds de suite:

    Avant de me retrouver le 4 septembre à attendre timidement dans le hall de mon nouveau lycée parisien que je m'attendais à maudire pour l'année à suivre, j'étais l'archétype du lycéen qui écoute les cours et rend ses devoirs sans en glander bien plus ("ooooooh non, je ne regretteu rieeeeeen"). Du genre petit malin mais toujours sage, élève convenable mais pas (trop) lèche botte.
    En fin d'année scolaire je n'avais pas beaucoup d'idées d'orientation, je ne me sentais pas capable d'être autonome en fac, je n'étais pas trop mauvais (à titre d'info je tournais à 13-14 de MG en lycée de banlieue et j'ai eu 14,5 au bac), alors "fuck la vie quoi j'suis trop un ouf" v'la ty pas que je signe pour l'hypokhâgne!
    Sans trop de surprise les gros lycées parisiens me mettent en liste d'attente, mais je n'attends pas et je signe pour un lycée ni en top5 ni de "seconde zone" (j'ai pas la liste mais il parait que c'est pas trop mal!).
    Je ne savais que deux choses:
    -Super, je vais m'améliorer et apprendre à vraiment travailler!
    -Oh merde! j'vais devoir apprendre à travailler!

    Une fois mon inscription faite je me retrouve le 5 septembre assis avec 40 autres gugus à fixer une prof qui nous balance un des traditionnels discours sur le "comment on va devoir se sortir les doigts cette année"; mais cette année personne ne fait le malin pendant le discours parce qu'on sent tous que cette fois c'est la bonne, cette fois on va vraiment en chier!
    On ne s'attarde pas trop en parlote et on fini par attaquer les cours, première semaine calme, comme au lycée sauf que les gens écoutent les profs! Je suis bien tenté de me calmer: on nous donne des devoirs à faire pour dans longtemps, des grosses listes de livre à lire pour dans longtemps etc etc.

    Le temps passe très vite, j'avais déjà pris contact avec mes camarades via internet et j'en connaissais déjà quelques uns, je ne me suis jamais senti seul ou un peu en marge. Mes stress étaient d'être "le plus nul", d'être traité par les autres comme "le plus con", ou de ne me retrouver qu'avec des petits bourgeois pédants.
    Ces trois stress se sont très vite effacés, il n'y a pas vraiment de plus nul, il y a toujours quelqu'un de plus mauvais dans une matière, il n'y a pas vraiment de derniers (même si y'a bien 2-3 salaud qui réussissent à se manger des 16 à leur première Kholle de l'année au bout de trois semaines), il y a beaucoup d'opinion différente et le notre n'est jamais mit de côté, les camarades viennent de toute la France et sont de toutes les origines sociales.

    Arrive le moment ou le "dans longtemps" des devoirs fini par se pointer, et là c'est la misère! tout te retombe dessus, tu torche tout en passant tes soirées sur ton boulot (sinon tes nuits) et tu te ramasse des notes moyennes sinon nulles, en te jurant au plus profond de toi "PLUS JAMAIS DAMNED!".
    Finalement (j'ai été tenté de mettre "au final" mais j'ai appris que ce n'étais pas français, entre camarades on se tape dessus quand on le dit maintenant!) oui, il y a du travail, beaucoup de travail. Mais non, ce travail n'est clairement pas infaisable: de l'organisation, du sérieux, de l'implication permettent presque toujours de se garder une aprem/soirée le samedi et une grasse mat le dimanche.
    Allez quoi! Si ça t'intéresses tu va pas faire la gueule banane! Tu viens pas te renseigner sur "comment ne rien faire en prépa"!

    A un certain niveau, le travail est drôle, t'en fait tellement qu'il devient un invité dans tes soirées avec tes potes. Tu peux déconner en faisant une trad au CDI, tu peux discuter de ta dissert à la cantine. Il n'y a qu'en prépa que tu peux tomber à genoux en déclamant le monologue de Don Diègue quand tu as fait tomber ton plateau!

    Arrivent ensuite les premières vacances, malgré les avertissements du prof je n'ai rien fait les 4 premiers jours sinon dormir et profiter de ma copine (et par profiter j'entends bien sur qu'elle est consentante, coquins!), et je rage de la masse de travaille que je me paye!
    Je ne vais pas vous jouer de la flûte: oui on déconne, oui c'est sympa, non je ne regrette pas (pas tout les jours); mais il y a des moments difficiles!
    Quand ton seul loisir du samedi soir c'est de revoir ta copine (et j'ai pas gardé beaucoup de contacts du lycée, si vous aviez une ribambelle de potes ça va être dur) et que tu te rends compte que tu ne sais pas quoi faire quand tu as fini ton boulot c'est pas évident!
    Et j'ai la chance d'avoir une copine qui habite à moins d'une heure! Pensez à mes amis internes qui passent leurs weekends entre les murs du lycée avec un mp3 et du café!

    C'est sur cette touche positive que je conclue ce premiers post, je doute qu'il y ai beaucoup de visiteurs pour le moment mais je vous adresse tout de même ceci:
    Je fais des erreurs de style et je balance une poignée de fautes d'orthographe, je travaille beaucoup pour améliorer tout ça et tenir ce blog va y contribuer! (c'est aussi pour ça que je suis en prépa), je compte sur vos remarques!
    Aux terminales: appréciez vôtre année, bossez vôtre bac sans stress, et n'hésitez pas à me poser des questions et à me dire ce que vous aimeriez que je détaille.
    A mes camarades: que la force soit avec vous!

    C'est parti pour replancher sur ma Géo!!!

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